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L’industrie textile cherche des solutions aux microplastiques dans ses propres rangs

Le choix des matériaux, les techniques de tissage et les adaptations du processus de production peuvent résoudre une part importante du problème des microplastiques dans le textile. Grâce à une meilleure connaissance et compréhension de la manière dont les émissions de microplastiques se produisent, le secteur encourage les designers et les consommateurs à faire de meilleurs choix. En outre, des études récentes montrent que le choix des matériaux, les techniques de tissage, le nettoyage industriel et les machines à laver équipées de filtres spéciaux peuvent réduire considérablement la libération de microplastiques lors de l’utilisation.

Les matériaux synthétiques restent les plus utilisés dans l’industrie textile. Chaque année, environ un demi-million de tonnes de fibres synthétiques sont destinées à la production textile. Elles sont bon marché, résistantes, légères, extensibles, hydrofuges, etc. Mais elles libèrent des microplastiques à chaque étape : pendant la production, tout au long du cycle de vie et plus tard en tant que déchets. Les microplastiques sont de très petites particules de plastique, comprises entre 5 mm et 1 nanomètre, qui apparaissent à cause de l’usage, de l’usure et des déchets.

Pendant le processus de production

On estime que près de la moitié de toutes les microfibres sont générées pendant le processus de production. (source: PEW.org) À chaque traitement de matériaux synthétiques, des émissions de microplastiques peuvent être libérées.

Grâce à des études récentes menées notamment par le Microfibre Consortium, le partage des connaissances s’intensifie et des solutions concrètes peuvent être développées.

La machine à laver et les microplastiques

Les textiles perdent continuellement des fibres. Le simple fait de porter des vêtements en libère déjà, mais c’est surtout dans la machine à laver que les microplastiques se retrouvent dans les égouts ou dans le sol via les eaux usées. Comme la machine à laver est un environnement fermé, de petits efforts peuvent produire de grands résultats.
Des filtres spéciaux peuvent capter une grande partie des microfibres. Ils peuvent également être installés après coup, mais ils ne sont malheureusement pas encore standard. Dans le nettoyage industriel, les systèmes de filtration ne sont déjà plus une exception. Ils retiennent plus de 90 % des microfibres grâce à :

  • la séparation centrifuge
  • des filtres mécaniques ultrafins
  • des séparateurs de peluches et de microfibres
  • la filtration chimique et membranaire (UF/RO)

Un défi de design

Botega Veneta Summer 2026
(c) Bottega Veneta Winter 2026 Show
(c) Bottega Veneta Winter 2026 Show

Les tissus à fibres lâches comme le fleece (un exemple classique) perdent le plus de fibres. La tendance actuelle de la mode est très « fluffy », avec des manteaux doux et duveteux et de longues fibres lâches. La question est de savoir si l’esthétique doit céder la place à la durabilité, ou si le design peut offrir la solution.

Apparemment oui. La perte de fibres peut être fortement réduite en filant des fibres plus résistantes et en produisant des tissus plus serrés. Le Microfibre Consortium, un groupe qui étudie les microfibres et propose des solutions au sein de l’industrie textile, possède un portefeuille de données sur la perte de fibres de plus de 600 tissus différents.

Ces recherches montrent qu’une bonne conception, avec des fibres plus solides, peut réduire les émissions de fibres de 80 à 90 %, même pour le fleece et les tissus duveteux. À condition – le plus souvent – qu’ils reçoivent un traitement de finition qui les renforce et les protège mieux contre la perte de fibres.
Il est remarquable que la refibrisation – c’est-à-dire le recyclage des fibres – les rende plus faibles, ce qui les rend à leur tour plus sensibles à la perte de fibres.

Au-delà de la mode

Même si l’attention se concentre souvent sur la mode, il ne faut pas oublier les textiles techniques et les textiles d’intérieur. Les textiles techniques constituent un secteur en forte croissance et sont utilisés dans de nombreux domaines, notamment les vêtements de protection médicale, les géotextiles, la construction routière et l’agriculture.

Ce que l’Europe veut faire

L’Union européenne commence à prendre le problème très au sérieux.

  1. Interdiction des microplastiques ajoutés intentionnellement

Depuis 2023, de nombreux produits contenant des microplastiques ajoutés sont restreints via REACH.

  1. Règlement sur l’écoconception pour des produits durables (2024)

Ce cadre permet à l’UE d’imposer des exigences aux produits (y compris les textiles) concernant la durabilité, la durée de vie et la perte de fibres.

  1. Règles sur les déchets textiles (2025)

De nouvelles règles européennes doivent réduire les déchets textiles et stimuler l’économie circulaire. Le principe est : le pollueur paie.

  1. Mesures futures (en préparation)

Des travaux sont en cours sur :

  • les filtres pour machines à laver
  • des normes de produits concernant la perte de fibres
  • la responsabilité élargie des producteurs

Conclusion

Les microplastiques montrent clairement que le textile n’est plus un secteur simple.
Il est à la fois chimie, technologie des matériaux, agriculture, aménagement intérieur et mode.

L’industrie textile cherche des solutions aux microplastiques dans ses propres rangs

Le grand changement qui se produit actuellement en Europe est en réalité fondamental :
le textile n’est plus seulement considéré comme un produit de consommation — mais comme un produit de technologie environnementale.

Et c’est peut-être là la véritable transformation :
non plus « quels vêtements achetons-nous ? », mais que signifie encore une fibre dans une économie circulaire ? 🌍

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